Pour une gouttière en zinc, comptez 8 à 17 € le mètre linéaire pour une demi-ronde pendante, hors pose. La main-d’œuvre d’un couvreur-zingueur, qui inclut la pose, la soudure et la dépose de l’ancienne installation, se situe entre 30 et 150 € le mètre linéaire. L’écart est large : voici ce qui l’explique, et comment chiffrer votre projet avant de demander des devis.
Prix au mètre linéaire : les fourchettes par type de gouttière
Le premier critère de prix est la forme. Plus elle demande de fabrication, plus le mètre est cher. Les prix ci-dessous concernent la fourniture seule.

| Type de gouttière zinc | Prix au ml (hors pose) |
|---|---|
| Pendante (demi-ronde) | 8 à 17 € |
| Rampante | 13 à 16 € |
| Moulurée | 23 à 25 € |
Pendante, nantaise, havraise : des formes, des usages
La gouttière pendante, ou demi-ronde, est la plus répandue et la moins chère. Elle se suspend à des crochets fixés sur le bord du toit. Les gouttières nantaise et havraise se posent directement sur la toiture, surtout en Bretagne et en Normandie sur de l’ardoise. La nantaise présente un angle droit d’environ 70°, la havraise un profil arrondi. La rampante, elle, se fixe sur les chevrons ou sur une bande de doublis.
Pourquoi la moulurée coûte presque le double
La gouttière moulurée affiche 23 à 25 € le mètre contre 8 à 17 € pour la pendante. Son profil travaillé exige davantage de façonnage, et c’est ce supplément qui se répercute sur le prix. Elle se choisit surtout pour l’esthétique d’une façade soignée, rarement pour une raison purement fonctionnelle.
Choisir le bon développé avant de comparer les tarifs
Le développé désigne la largeur de la tôle dépliée, donc la capacité d’évacuation. Un mauvais choix coûte cher : trop petit, la gouttière déborde ; trop grand, vous payez du zinc inutile. Pour la demi-ronde, trois références dominent :
- 16/60 : pans de toiture inférieurs à 35 m²
- 25/80 : pans de 35 à 80 m²
- 33/100 : pans supérieurs à 80 m²
Mesurez le pan le plus grand, pas la moyenne de la toiture. Notez aussi le linéaire total au bord du toit : c’est lui qui multiplie le prix au mètre.
Ce que contient réellement le prix du zinc
Le zinc de couverture standard est un zinc n° 12, d’épaisseur 0,65 mm, conforme à la norme européenne EN 988. Les longueurs courantes sont de 2 m ou 4 m. Un alliage de qualité supérieure, avec cuivre et titane, ou un traitement anticorrosif, relève le tarif, mais prolonge la durabilité. Le zinc se dilate de 2,2 mm par mètre : un montage mal prévu pour cette dilatation finit par fuir, quel que soit le prix payé.
Descente, crochets et accessoires : le budget qu’on oublie
Beaucoup de budgets se limitent à la gouttière. Or les accessoires pèsent dans la facture finale.
- Tuyau de descente : 9 à 18 € le mètre linéaire, hors pose
- Crochets : environ 2 € pièce, il en faut un au moins tous les 50 cm
- Raccords : de 3 à 25 € selon le type
- Crapaudine : à partir de 1,50 €
- Stop-feuilles : à partir de 2,50 € le mètre
- Hedgehog : à partir de 5 € le mètre
Pour 10 mètres de gouttière, il faut donc prévoir environ 20 crochets, soit 40 € à eux seuls. Les protections contre les feuilles se justifient surtout près d’arbres : elles évitent le nettoyage répété.
Penser la gouttière comme un paravent de façade
On regarde une gouttière comme un tuyau, alors qu’elle fonctionne comme un paravent pour le bas du mur. Elle intercepte l’eau qui, sinon, ruisselle sur l’enduit, éclabousse le soubassement et ronge les joints. Raisonnez donc en coût évité : un mur humide en pied de façade se traite bien plus cher qu’une descente supplémentaire. Cet angle aide à décider où ne pas rogner, par exemple sur l’emplacement des descentes ou sur la qualité des raccords, là où l’eau se concentre.
Pose : couvreur-zingueur ou montage soi-même ?
La main-d’œuvre se situe entre 30 et 150 € le mètre linéaire, pose, soudure et dépose comprises. Cet écart tient à l’expérience de l’artisan, à sa région, à la hauteur du bâtiment, à l’accès au chantier et à la complexité de la toiture. Une maison de plain-pied accessible coûte moins qu’une façade haute nécessitant un échafaudage.
Soudure à l’étain ou silicone
La soudure à l’étain assure l’étanchéité des jonctions, mais elle demande un professionnel. Le montage sans soudure, avec joints au silicone, est accessible à un bricoleur et explique le succès des kits vendus en ligne. Comparez bien les deux options : en posant vous-même, vous économisez la main-d’œuvre, mais vous assumez la précision des pentes, des crochets et de la dilatation.
Un exemple de budget pour 20 mètres
Prenons 20 m de pendante en 25/80 à 12 € le mètre, soit 240 €, auxquels s’ajoutent 40 crochets (80 €) et 6 m de descente à 13 € le mètre (78 €). La fourniture avoisine donc 400 € avant raccords. Avec une pose entre 30 et 150 € le mètre sur 20 m, la main-d’œuvre représente de 600 à 3 000 €. Elle domine nettement le budget : c’est là que la comparaison de devis rapporte le plus.
Zinc, durée de vie et devis : comment décider
Le zinc est plus cher que le PVC à l’achat, mais sa durée de vie est de 40 à 70 ans. Il se protège seul : une patine gris clair apparaît entre 6 mois et 1 an après la pose, et elle limite la corrosion sans entretien particulier. Sur une longue période, le coût global peut donc rester compétitif face à des matériaux à remplacer plus tôt. Cuivre et aluminium se comparent sur la durabilité, le coût et l’esthétique, à vérifier selon votre budget.
Préparer des devis comparables
Demandez au moins 3 devis. Pour qu’ils soient comparables, donnez à chaque artisan les mêmes informations :
- le linéaire total de toiture à équiper ;
- le type de gouttière souhaité et le développé retenu ;
- le nombre de descentes et les protections voulues ;
- la dépose de l’ancienne installation, incluse ou non ;
- l’échafaudage, compté ou non dans le prix.
Vérifiez que le devis distingue la fourniture de la pose. Un tarif global au mètre sans détail empêche de savoir ce que vous payez vraiment.

